16 avril 2008
Extraits de Ma maison (travail en cours)
plus l'occasion d'entendre ça
ni le ka le kain le bouju ché té ni ni
la goutte de café dans le calva
~
il y avait des poules le cagibi
grillage tôle vieilles casseroles à trous
la niche du chien mort piqué par les abeilles
le grain dans un bidon & tonneau de cidre
pépère en buvait deux trois quatre bolées toujours
~
trajet petite et grande maison grand-mère
un chemin pleine brousse nous regardaient les vaches
n’y voyaient pas grand monde passer dans le quartier
ni le chien des voisins qui aurait pu perdre sa voix si l’avait pu
~
ne pas y manger aller retour chez grand-mère
ces habitudes de vieux de tout mettre sous clés
si pluie y avait grand-père cuisinait les escargots
ramassés sur les talus capuche et bottes aux pieds
y rentraient les cornes à mettre le doigt dessus
(Cécile Guivarch)
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02 juin 2007
toujours au potager, le programme
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31 mai 2007
Poètes au potager
Festival Poètes au potager le week end du 16 juin à Montluçon avec des lectures de
Sophie G. Lucas, Cécile Guivarch, Christian Degoutte et Pascal Commère
C’est cela, et comme irrémédiable. Jaunes
à perte de vue, les colzas.
L’escourgeon qui frétille au vent du matin,
déroutant les tracés des traitements.
Cheptels au vert sur la prairie d’un coup habitée, les mâles
– mauvais garçons dans les coins qui zappent
loin des génisses laiteuses. Dardée
la trique rose qu’ils rengainent
en un clin d’œil, hardis, puis s’élancent
écumant sans fin jusqu’au soir. Mais déjà
les grands pissenlits font la roue entre leurs sabots,
blanchissant d’un petit lait pâlot la nappe qu’aucun pli n’altère.
(Parler de la couleur, bien sûr. – Superflu ! )
Pascal Commère « Cœur battant », in Honneur au Fantassin G, conscrit en Meuse, Le dé bleu, 2000.
Le silence de ta mémoire les détails de toi petite. Bouche ouverte tu aurais rêvé à ce point de ton immobilité. Tu ne cesses pas grand-mère d’oublier que mes doigts s’agitent devant toi. J’ai crié crié pour que tu reviennes encore juste encore à la frontière de ta respiration. Dan s le vide d’ ava nt ton absence tu luttes pour rouler vers ton enfance. Les vieux chemins, les amis disparus, ton cartable oublié sur un banc d’école. Tu répètes ta réalité lointaine sans même plus savoir compter. Le début et la fin se confondent au point rupture. Grand-mère morte de ta naissance.
Cécile Guivarch, La planche en bois, à paraître aux éditions Contre-Allées
dans ton endroit
ma bouche peut longtemps
se taire
et toi brillance dire
de fond en comble
le monde
je regarde tes mots
tes dents
et je me fiche
bien de la révolte
qui dedans
Sophie G. Lucas "Sous le ciel de nous", Ed. Contre-allées, 2007
21:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 mai 2007
Sol soleil
I
rivières lacs océans
forêts déserts montagnes
grands espaces tes yeux
où respirer plein cœur
II
le ciel si haut si grand
toi si tendre si petite
à peine plus grosse
que cette boule dans le ciel
III
rien ne bouge tout respire
de la naissance du fleuve
à la lumière sur les feuilles
le cœur palpite comme
riche de branches et de racines
IV
tu fermes les yeux
sous le regard de l’arbre
intensité de sa chaleur
un ciel te sourit bleu
(Cécile Guivarch)
14:15 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07 octobre 2006
Pas trop vite...
à l’intérieur de l’arbre
tu es devant moi
ou bien dans l’entre-deux
proche lointain ou lointain proche
tout répond de toi
II
la terre respire alentourde la brindille au gré du vent
aux racines écartant les feuilles
quand tu seras là je te raconterai
le travail de la fourmi
le chant des oiseaux
la graine devenue arbre
III
tu réponds de l’intérieur
- un effleurement à peine –
la curiosité du bleu de ce qui brille
persiste comme autre chose pas dedans
tu montes en moi et ta lenteur
prend le temps nous t’entend
être dehors après-demain
pas trop vite
(Cécile Guivarch)
22:35 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06 octobre 2006
Le commencement de quelque chose
I
ce bruit d’eau
bruit de terre qui bat
de très près de très loin
là où caché au fond sous l’écorce
le commencement de quelque chose
a la teinte plus claire que le cœur
au départ peu d’équilibre
espace étroit peut-être hexagonal
seul mouvement à peine répandu
la plante la vie en pleine terre
chuchote à tout moment
III
ta respiration
la moitié nord mon corps
te pousse vers l’intérieur la terre
odeur d’humus au profond
te servir d’ailes ou bien
souffle pulmonaire
à l’ouverture
du monde
IV
elle lui
insoluble dans l’eau
relié-e au fruit par le noyau
toutes portes closes
être quelque part
n’est pas rien
(Cécile Guivarch)
11:50 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12 septembre 2006
d'un coeur battant
la lenteur du temps la vie
s’installe s’insinue dans les fibres
la feuille le suc la sève la ramure
se dessinent circulent inondent les terres maternelles
l’éternité abrégée ainsi tient dans le temps
ramène longtemps dans le corps
les mouvements la mesure
d’un cœur battant
(Cécile Guivarch)
11:15 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 septembre 2006
Emeric de Monteynard - Aux arbres penchés
Un superbe recueil que le dernier Monteynard aux éditions L'arbre à paroles
Voici un extrait
« A peser autant sur lui-même, il a besoin d’apprendre à résister – d’abord à l’étouffement. A exister.
Mais il étend ses bras et nous les ouvre. Et les écarte. Pour nous – Comme si donner était sa chance à lui ! Comme si la vie pouvait aller – se poser – ailleurs et puis disparaître à jamais ! »
Vous pourrez lire des extraits d'autres recueils d'Emeric de Monteynard sur mon site Terre à ciel dans la rubrique "terre à ciel des poètes"
10:59 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Poussé vers la lumière
tu entends le moindre son
tu fais parler autour de moi
la terre peut tourner longtemps
elle n’aura jamais plus cette lenteur
de ton visage poussé vers la lumière
10:53 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 août 2006
Théorie de la couleur - Miguel Casado, traductions Jean-Gabriel Cosculluela
Avec le temps, la couleur
change et reste à définir; on cherche ses secrets,
ses règles, ses mesures, ses retards,
parfois ses échecs.
Les yeux incertains et le regard,
le passage des glacis, des noms,
des lointains. Reste la tension du regard, la fragilité
de la pensée dans le vif désir du réel,
dans le risque même
d’inventer, avec des visions, les réponses.
*~*~*
A través de los años, el color
de manera cambiante
se define; se buscan sus misterios
y leyes, sus medidas, sus demoras
y en parte sus fracasos.
Variables son los ojos que lo miran,
las gradación de veladuras, nombres,
distancias. Tensa es la actitud, es frágil
el juicio del que ansía lo real,
de quien se atreve incluso
a inventar, como en sueños, las respuestas.
Extrait du recueil Thérorie de la couleur, éd Propos2, Juin 2006.
Lire la préface du livre, d'autres extraits et la bibliographie de Miguel Casado sur Terre à ciel
14:08 Publié dans Voixdumonde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 juin 2006
Proj Savarts
Visitez ce site de bookmarking littéraire et artistique : Proj Savarts
22:03 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05 juin 2006
Antonio Gamoneda - Cecilia
Tu dors sous la peau de ta mère et ses rêves pénètrent dans tes rêves. Vous allez vous éveiller dans la même confusion lumineuse.
Tu ne sais pas encore qui tu es ; tu demeures indécise entre ta mère et un frémissement vivant.
Antonio Gamoneda, dans Cécilia, éditions Letres vives, page 13
Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet
22:25 Publié dans Voixdumonde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01 juin 2006
Terre à ciels
et voici la couverture de Terre à ciels ... retrouvez les autres parutions des carnets du dessert de lune ici
Terre à ciels -
Cécile Guivarch Couverture Fanny Wuyts
Présentation Amandine Marembert
36 pages - Format 10 x 14,8 cm
Collection Les Petits Carnets
Imprimé sur bouffant 90 gr et Keay Colour 250 gr.
isbn 2-930235-68-3 - 6,00 €
Et ça le prend un beau matin
il transperce le sang du ciel
se dilue dans ses veines
le noie de mauve
– rose sur les côtés –
ça bouleverse un matin pareil
Je suis présente le 17 juin au marché de la poésie, Stand face D15 de 15h à 16h pour une séance de dédicaces.
Vous pourrez vous le procurer dans les librairies suivantes :
Librairie Contact à Angers
Librairie Bonnes Nouvelles à Grenoble
Librairie L’Horizon à Boulogne sur Mer
Librairie Quai des Brumes à Strasbourg
Librairie Blandine Blanc à St-Etienne
Librairie des Près à Paris
Librairie Le Temps des Cerises à Clermont-Ferrand
Librairie L’espace du Dedans à Lille.
21:55 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 mai 2006
Deux corps
deux corps dans le même corps ils ne se connaissent pas
l’un dans l’autre ne se connaissent pas encore
corps et mouvements de la terre les relient aux racines
l’un le fleuve le berce en lui l’endort peut-être
je ne le sais pas mais dehors l’arbre ne cesse de fleurir
(Cécile Guivarch)
21:10 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Ulalume Gonzalez de Leon
Tu ne saurais parler la langue des oiseaux
la langue du vent la langue de la mer
Il te manque
n'est-ce pas
l'esprit de la langue.
Ce que dit la vague l'air le merle
n'admet pas de discussion
et toi
tu tords et retords
les mots
Ulalume Gonzalez de Leon dans Poésie du Mexique, traduite et présentée par Jean-Clarence Lambert, éditions Unesco Actes du Sud,1988, page 149
Ulalume Gonzalez de Leon est née en 1932. Elle est mexicaine mais a été élevée à paris. Elle est retournée dans son pays mariée à un architecte. Elle est traductrice de poésie française contemporaine mais aussi italienne, américaine et anglaise. Elle a édité en 1973 Plagio, Mexico.
17:05 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15 mai 2006
Parution de Terre à ciels
J’ai le plaisir de vous annoncer qu’en juin, parution de Terre à ciels de Cécile Guivarch aux éditions des carnets du dessert de lune.
Pour commander, s'adresser à l'éditeur, ou bien m'adresser un mail, commander sur Rezo libre ou encore télécharger le bon de commande (recto - verso)
Et bien sûr, par le biais de l’auteur, vous aurez une petite dédicace !
Cécile
21:31 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22 avril 2006
Claude Esteban - morceaux de ciel presque rien
On s'arrête, on a trop
marché, trop veillé peut être
peut être pour rien et c'est déjà comme
un repos de dire
qu'on s'arrête, peut être que le temps
va s'arrêter avec nous
c'est un jour gris, un jour
quelconque, il y a
quatre corbeaux sur un arbre, je le dis
juste pour dire
que je ne suis pas mort, quelle
importance, quatre
corbeaux, un arbre, moi
devant
et la terre qui n'en finit pas
extrait de MORCEAUX DE CIEL PRESQUE RIEN
Morceaux de ciel, presque rien , regroupe des poèmes déjà parus chez Fourbis et des inédits. Le poète y explore une sorte de déperdition, comme si son univers se rétrécissait, devenait ce « presque rien » en « morceaux de ciel » que le titre annonçait. Fragments, formes brèves - une section « Écorces » emprunte la manière du haïku japonais -, diptyques présentent un paysage qui indique que pointe la sécheresse et que la parole, dans une extrême tension, accepte d'aller jusqu'à se perdre, disant « n'importe, on est toujours le même, on écoute, / on fait semblant de comprendre, un peu, le vent redouble». Les mots, les jours et les espoirs sont comptés. « Là où l'espace est sans limites / un coeur s'étouffe » dit le poète. Morceaux de ciel, presque rien de Claude Esteban est un receuil d'une grande intensité, la parole y avance dans un territoire d'agonie, une version de la réalité qui mot à mot sidère : « et puis ce fut / beaucoup de noir devant moi. »
10:13 Publié dans Coups de coeur, Voixdumonde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21 avril 2006
La poésie contemporaine sur Poésie Libre Echange 4
Sur ce groupe, depuis janvier 2005, nous explorons pendant un mois, deux mois des poètes contemporains.Voici les poètes sur lesquels nous avons déjà échangé et le programme à venir
Denis Roche / Lorand Gaspar / Daniel Biga / Antoine Emaz, en parallèle avec Charles Juliet /Marie-Claire Bancquart / Claude Pélieu / Andrée Chédid / Bernard Noel / Michel DeguyMars- avril 2006 : Jacques Ancet
Avril - Mai 2006 : Valérie Rouzeau
Mai - juin 2006 : Philippe Jaccottet
Juillet - août - septembre 2006 : Mohammed Khaïr Eddine
En projet :
André Du Bouchet
Jacques Réda
Abdellatif Laâbi
Jean-Pierre Verheggen
Christian Prigent
Guy Goffette
Rabah Belamri
Valère Novarina
Claude Esteban
Jean Grosjean
Vous pourrez lire nos échanges en rejoignant notre groupe, Poésie Libre Echange 4, tout est dans les archives ainsi qu'une anthologie des poèmes présentés. 
Cliquez sur le logo pour vous inscrire à PoesieLibreE4
Vous pouvez aussi consulter notre forum ou bien nous proposer vos propres articles.
21:05 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 avril 2006
Je est nous
Je est nous. Quelque part au-dedans. Etre deux dans l’ajustement du corps. Balancement. A droite - A gauche – Derrière - Dedans. Tu es bien là quelque part. Dans ce qui remue à l’intérieur. Nous sommes deux dans l’étendue de l’autre. Les petits mouvements interminables. Nous à droite. Nous à gauche. Le mur devant. Nous crions. On nous touche. On nous change. On nous chamboule. Pas silence. Le monde n’est pas silence. Je te parle. (Tu me parles). Nous nous parlons l’un à l’autre. L’un devant l’autre. L’un depuis l’autre.
On nous hurle. Nous informe. Nous déforme. Nous transforme. Nous chavirons. L’autre monde. L’autre lieu. L’autre espace. Nous les arbres. Nous le ciel. Nous la terre. On nous parle de l’oiseau. Il nous le cherchons. Impasse élémentaire. Trop d’air entre nous. Pas assez. Nous existons bien quelque part. A l’intérieur. Ca tourne. Ca roule. Ca parle. Ca révolte. Ca unit le corps avec le corps, la chair avec la chair, le sang avec le sang, le dedans avec le vide. Le débordement. STOP.
Nous circulons. Pas de débat. Etre deux = Pas moins que un à l’extérieur. Nous automatisme / Automutilation / auto expulsion du soi vers l’autre, vers ce qui s’agite autour. Pas de compréhension. Je dis nous encodés. Nous pas sans moi. Impossibilité dans le refus. Espaçons la résonnance. La défaite de notre propre monde. Je te jette. Tu me lie. Je t’expulse. Tu m’enserres. Je te réfute. Tu me construis. Détournement du corps. Invariabilité. Relation instable dans ce qui est stable.
Dans le mot nous, il y a je. Du moi avant toi. Pas grand-chose. Je n’existe pas. Nous n’existons pas. Deux par deux. Incompréhension d’un geste à l’autre. Tu me touches et je crie. Repartons à zéro. Marchons pour nous dénoncer l’un à l’autre. Nous dans l’étouffement du monde. Je est toi. Parfois nous. Fabrication originelle. Marque contrôlée sans contrôle. De la une à la deux, il y a nous intercalés. Il y a du nous dans tout ce qui guide nos actions.
Tu m’abrites. Je t’abrite. T’as soif. J’ai plus d’eau. Nous fuyons. Multi sensations – pluri densité – quanti peur - Angoisse – colère – pas repos – halètement – précarité des émotions. On nous pousse. Nous invente. Nous bricole. NOUS NE SUPPORTONS PAS qu’on nous crie, qu’on nous exige, nous tourneboule. Tout est chose. Tout est rien. Tout est beaucoup. Trop à voir. Trop à sentir. Pas comprendre. Inter lutte. Intra volte. Un monde nous angoisse.
Cécile Guivarch
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02 avril 2006
Jacques Ancet - extrait de La tendresse
tu n'as pas de visage et sans doute est-ce pourquoi mes mots s'en vont vers toi, cherchant à cerner l'ombre que tu es, un chien aboie, des voix parlent, le silence est toujours si fragile, cette solitude où pour la première fois tu viens au monde, où peut-être tu mourras aussi, je ne te connais pas, tu n'es rien que l'obscur de ma phrase, cet appel soudain, au volant, conduisant sur une route en pente,le soleil à gauche éclairait les collines et j'ai su que de quelque façon tu devais exister, ombres, visage négatif, tu étais là, sans corps, sans nom, en moi ce présent et, de nouveau, le fleuve, la mer, ses flux et ses reflux, l'horizon qui recule, les labyrinthes de mémoire, qui suis-je dis-tu par ton silence, j'écoute le bruit de la plume sur le papier, je regarde la femme que j'aime, il est cinq heures du premier jour de l'année, encore et encore je recommence mais c'est toi qui parle maintenant,le sang, la bouche d'ombre, intermittent tu clignotes entre les mots, combien d'heures, de jours pour te dire, je regarde ma main couvrir la page, un piano joue à côté, je regarde des enfants, leurs visages, leurs silhouettes à contre-jour sur un chemin, le grand et le petit, riant, courant, tu es là entre eux, flottant dans mon regard, sans forme et je t'aime déjà, bruit de feuilles et de sang, le ciel est d'un bleu sombre et pur sur les toits, viens, c'est moi maintenant qui t'appelle, le temps s'ouvre, je vois la page, la lumière de la lampe que je viens d'allumer, les ombres de chaque objet, je touche mon visage, il est lisse comme un oeuf, il s'efface, buée sur la vitre mauve, bientôt ne restera que la nuit,[...]
La tendresse, Mont Analogue, Editeur, 1997
22:49 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Hélène Soris - Le voyage de vivre
J'entendais un tam-tam si doux
je gardais les yeux entrouverts
bercé par l'écho de ce tout
cet univers je l'ignorais
Le soir ton rire m'inondait
d'une tiédeur de source chaude
et je frémissais doucement
avide à l'écho de ta voix
Peu à peu naissaient
mon regard flou mes mains
danseuses nues au pouce délicieux
que ma bouche appelait
J'essayais de danser dans cette apesanteur
J'entendais des musiques
respirais des odeurs
Et maintenant maman
où irai-je sans toi ?
19:34 Publié dans Mes amis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31 mars 2006
PetitLune
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26 mars 2006
Antonio Gamoneda
Antonio Gamoneda, avec Valente, semble être de ces poètes espagnols majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle. Je compte donc vous le présenter un peu ici. On retrouve un certain nombre de ses œuvres traduites par Jacques Ancet en français.
Quelques extraits trouvés sur le net :
Tu peux gémir dans ta lucidité,
ah solitaire, mais alors défais-toi
de la véracité dans la douleur. La langue
s’épuise dans la vérité. Parfois arrive
l’incessaant, celui qui devient fou : il parle
et l’on entend sa voix, mais pas sur tes lèvres :
c’est la nudité qui parle, c’est l’oubli.
Antonio Gamoneda, Pierres gravées, éditions Lettres vives, traduction de l’espagnol par Jacques Ancet, 1996.
http://www.remue.net/article.php3?id_article=1418
La rouille s'est posée sur ma langue comme la saveur
d'une disparition.
L'oubli est entré dans ma langue et je n'ai eu d'autre
conduite que l'oubli,
et je n'ai accepté d'autre valeur que l'impossibilité.
Comme un bateau calcifié dans un pays d'où la mer s'est retirée,
j'ai écouté la reddition de mes os s'établissant dans
le repos ;
j'ai écouté la fuite des insectes, la rétraction de
l'ombre pénétrant ce qui restait de moi ;
j'ai écouté jusqu'à ce que la vérité eût cessé d'exister
dans l'espace et dans mon esprit,
et je n'ai pu endurer la perfection du silence.
(extrait de description du mensonge : http://www.jose-corti.fr/titresiberiques/description-mens...)
Lire d’autres extraits ici : Des traductions par Jacques Ancet : http://perso.wanadoo.fr/jacques.ancet/trads.htm
Voici pour le présenter…
Né à Oviédo en 1931, il vit à Léon depuis 1934.
Prix national de poésie (1988) et Prix Castilla et Léon des Lettres.
http://www.jose-corti.fr/titresiberiques/description-mens...
Grande voix de la poésie espagnole d'aujourd'hui, Antonio Gamoneda est une figure emblématique de la littérature européenne. Né à Oviédo en 1931, il vit à Léon depuis 1934. Prix national de poésie (1988) et Prix Castilla et Léon des Lettres. D'une densité et d'une force exceptionnelle, l'œuvre D'Antonio Gamoneda s'est imposée malgré sa reconnaissance tardive comme l'une des plus importantes de la poésie espagnole d'aujourd'hui.
http://perso.wanadoo.fr/d.f/gamoneda.html
Le Prix Européen de Littérature distingue, pour l’ensemble de son oeuvre, un poète ou prosateur européen de stature internationale, afin de témoigner, en un lieu hautement symbolique, du désir d’unité comme de l’enracinement culturel de l’Europe d’aujourd’hui ; afin d’exprimer aussi l’urgence d’une meilleure connaissance mutuelle des cultures vivantes de nos pays à travers les grandes figures qui en sont les vivants symboles. Ce Prix distingue également un traducteur qui contribue à la rencontre entre les grandes oeuvres littéraires contemporaines. Le Prix Européen de Littérature est placé sous le parrainage de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg.
Prix 2006 : Antonio Gamoneda (Espagne),traduit de l’espagnol par Jacques Ancet.
http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/le_prix_de_l...
Un clin d’œil sur Remue.net : http://www.remue.net/article.php3?id_article=1418
Une fiche sur le site du printemps des poètes : http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/index.php?http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_paru&cle=546
14:51 Publié dans Voixdumonde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Alfonso Alegre Heitzmann
Une voix contemporaine espagnole à découvrir... Des extraits en VO et traduits par Jean-Gabriel Cosculluela sur mon site Terre à ciel
14:25 Publié dans Voixdumonde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 février 2006
Yves Heurté... toujours dans nos coeurs
C'est le cœur plein de peine que j'apprends qu'Yves est décédé ce matin... Celui qui m'a offert ce poème un jour...
"Il était une fois au milieu du ciel
un trou minuscule où l’étoile creusait son terrier.
il y avait une fois sur la terre un grillon qui s’en fichait.
Et par bonheur, il y avait moi, et je savais."
Celui qui aidait les jeunes écrivains, les encourageait à écrire avec toujours des commentaires constructifs... Une personne que je ne pourrais pas oublier...
Toutes mes condoléances à la famille, sa femme, ses enfants...
Quelque part dans le ciel
Il y a un trou aujourd'hui
Tu y prends toute la place
Quelque part dans nos cœurs
Une étoile brillera encore
Tu n'y es pas pour rien
A bientôt Yves, mon pinguino des pyrénées.
19:08 Publié dans Mes amis | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11 février 2006
L'autre côté
Ce sont tes rêves
que l’herbe entend à peine
les arbres penchent pourtant
de l’autre côté
de la terre
14:50 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09 février 2006
Luis Mizon - Chili
Nous lirons avec les doigts la bouche
avec l’œil avec l’oreille
un instant de lumière démesurée.
Nous lirons parmi les enfants les mouettes
les chiens et les poules curieuses.
Nous lirons parmi les barriques
et les bouis-bouis
ailes et houle.
Paroles, fruits caresses
sculptés en silence.
Vieux papiers.
Vieux livres.
Ce que nous savions peu ou prou.
Ce que jamais nous n’oublierons."
*
"Leeremos con los dedos y la boca
con el ojo y el oído
un instante de luz desmesurada.
Leeremos entre niños y gaviotas
perros y gallinas curiosas.
Leeremos entre barriles y mesones
de mala muerte
alas y olas.
Palabras frutas y caricias
talladas en silencio.
Viejos papeles.
Viejos libros.
Lo que sabrámos apenas.
Lo que nunca olvidaremos."
Luis Mizón, Passage des nuages, traduit de l’espagnol (Chili) par Claude Couffon, éd. Unes (1986), p. 81.
Luis Mizón est né au Chili, à Valparaiso, en 1942. Il quitte son pays en 1973 et s’installe à Paris. Son œuvre poétique est découverte et traduite par Roger Caillois. Poète, romancier et peintre, Luis Mizón a également participé à la direction de deux ouvrages consacrés aux Amérindiens :
El Dorado, Anthologie de poèmes et chants des Indiens précolombiens (Points Sagesses)
La Découverte des Indiens, 1492-1550, Documents et témoignages (éd Librio)
Quelques titres :
Chronique du blanc, éd. Unes 1991
La Mort de l’Inca (roman), éd. Seuil 1992
L’Eclipse, éd. Unes 1995
Le songe du figuier en flammes, éd. Folle Avoine 1999
22:03 Publié dans Voixdumonde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Jusqu'où
(Cécile Guivarch)
21:20 Publié dans Brèves, Poèmes, Prose | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 janvier 2006
Bernard Noël - l'ombre du double
mon présent est une pierre
tu la jettes dans mes yeux
la page de verre monte
le visage éclate dedans
je tète le blanc
le linge du regard volé
le lit du temps coule
au milieu de la bouche
Bernard Noël dans l’ombre du double, P.O.L, page 30
Bernard Noël, l’écriture comme résistance, article paru dans le Matricule des anges
Un interview avec Bernard Noël
Autre entretien
Et encore un entretien par Jacques Ancet
Bernard Noël sur Remue.net
La fiche de l’auteur aux éditions de l’amourier avec des extraits
23:00 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Donne ta main qu'on coure petite fille
22:50 Publié dans Ecrits-mages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





