07 octobre 2006

Pas trop vite...

I

là où le vent remue
à l’intérieur de l’arbre
tu es devant moi
ou bien dans l’entre-deux
proche lointain ou lointain proche
tout répond de toi

II

la terre respire alentour

de la brindille au gré du vent
aux racines écartant les feuilles
quand tu seras là je te raconterai
le travail de la fourmi
le chant des oiseaux
la graine devenue arbre

III

tu réponds de l’intérieur
-         un effleurement à peine –
la curiosité du bleu de ce qui brille
persiste comme autre chose pas dedans
tu montes en moi et ta lenteur
prend le temps nous t’entend
être dehors        après-demain 
                        pas trop vite

(Cécile Guivarch) 

 

 

06 octobre 2006

Le commencement de quelque chose

I

ce bruit d’eau
bruit de terre qui bat
de très près de très loin
là où caché au fond sous l’écorce
le commencement de quelque chose
a la teinte plus claire que le cœur

II

au départ peu d’équilibre
espace étroit peut-être hexagonal
seul mouvement à peine répandu
la plante la vie en pleine terre
chuchote à tout moment

III

ta respiration
la moitié nord mon corps
te pousse vers l’intérieur la terre
odeur d’humus au profond
te servir d’ailes ou bien
souffle pulmonaire
à l’ouverture
du monde

IV

elle lui
insoluble dans l’eau
relié-e au fruit par le noyau
toutes portes closes
être quelque part
n’est pas rien

(Cécile Guivarch)