31 mai 2007
Poètes au potager
Festival Poètes au potager le week end du 16 juin à Montluçon avec des lectures de
Sophie G. Lucas, Cécile Guivarch, Christian Degoutte et Pascal Commère
C’est cela, et comme irrémédiable. Jaunes
à perte de vue, les colzas.
L’escourgeon qui frétille au vent du matin,
déroutant les tracés des traitements.
Cheptels au vert sur la prairie d’un coup habitée, les mâles
– mauvais garçons dans les coins qui zappent
loin des génisses laiteuses. Dardée
la trique rose qu’ils rengainent
en un clin d’œil, hardis, puis s’élancent
écumant sans fin jusqu’au soir. Mais déjà
les grands pissenlits font la roue entre leurs sabots,
blanchissant d’un petit lait pâlot la nappe qu’aucun pli n’altère.
(Parler de la couleur, bien sûr. – Superflu ! )
Pascal Commère « Cœur battant », in Honneur au Fantassin G, conscrit en Meuse, Le dé bleu, 2000.
Le silence de ta mémoire les détails de toi petite. Bouche ouverte tu aurais rêvé à ce point de ton immobilité. Tu ne cesses pas grand-mère d’oublier que mes doigts s’agitent devant toi. J’ai crié crié pour que tu reviennes encore juste encore à la frontière de ta respiration. Dan s le vide d’ ava nt ton absence tu luttes pour rouler vers ton enfance. Les vieux chemins, les amis disparus, ton cartable oublié sur un banc d’école. Tu répètes ta réalité lointaine sans même plus savoir compter. Le début et la fin se confondent au point rupture. Grand-mère morte de ta naissance.
Cécile Guivarch, La planche en bois, à paraître aux éditions Contre-Allées
dans ton endroit
ma bouche peut longtemps
se taire
et toi brillance dire
de fond en comble
le monde
je regarde tes mots
tes dents
et je me fiche
bien de la révolte
qui dedans
Sophie G. Lucas "Sous le ciel de nous", Ed. Contre-allées, 2007
21:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 mai 2007
Sol soleil
I
rivières lacs océans
forêts déserts montagnes
grands espaces tes yeux
où respirer plein cœur
II
le ciel si haut si grand
toi si tendre si petite
à peine plus grosse
que cette boule dans le ciel
III
rien ne bouge tout respire
de la naissance du fleuve
à la lumière sur les feuilles
le cœur palpite comme
riche de branches et de racines
IV
tu fermes les yeux
sous le regard de l’arbre
intensité de sa chaleur
un ciel te sourit bleu
(Cécile Guivarch)
14:15 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
